Asperger et argentique

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Opinion Photo

Fujifilm X-Pro1, pourquoi je ne l’ai pas acheté.

Ceci n’est pas un test du Fujifilm X-Pro1 !
Non, franchement je ne suis pas assez méthodique ni n’ai la prétention d’écrire un article dont quiconque pourrait s’inspirer pour choisir un nouvel appareil photo. J’ai couvert dans le cadre d’un collectif de photographes des manifestations ou des grèves. Dans ce cadre j’ai eu l’occasion récemment d’utiliser un Fujifilm X-Pro1. Je travaille exclusivement en argentique. c’est une pratique que j’aime beaucoup, avec laquelle je me sens parfaitement à l’aise et que je n’abandonnerais pour rien au monde. Il m’est pourtant arrivé dans le cadre de ces reportages d’en éprouver les limites. Je vais l’illustrer par deux cas:

J’ai plus de film !

Une manif ou une grève, selon l’endroit où on se trouve, peuvent être très calmes. Mais parfois se produisent plein de micro-évènements, ou on est pris d’une bouffée d’inspiration ou encore la lumière est soudain très belle. Alors on déclenche à tout-va, on ne pense plus au support, au film qui se déroule. Et 36 vues ça passe vite… Par exemple avec le Canon T90 à la cadence de 4.5 img/sec je tire un film en 8 secondes… Bon, vu les sujets que je couvre je ne le fais jamais, je ne suis pas photographe sportif et Raoul Hedebouw qui défile le premier Mai ça n’est quand même pas pareil qu’une formule 1 à Francorchamps ! Néanmoins, le 1er Mai 2016 je suis tombé à court de film et j’ai terminé le défilé avec mon smartphone (enfin, smart, façon de parler…), le résultat n’était pas top. Une autre fois par manque de luminosité j’ai utilisé un Canon Powershot G7 X. Petit appareil très sympa avec un zoom modeste mais qui ouvre à 1.8 et qui shoote en RAW à 20 Mio de pixels. Mais sans viseur optique on est obligé de composer l’image via l’écran arrière ce qui ne facilite guère les choses. Ces fois-là je me suis dit: il me faut un appareil numérique en renfort.

Nuit debout 2016 | Liège
Nuit debout 2016 | Liège
Ca va trop viiiite !

Autre cas de figure: l’événement rapide, aussi soudain qu’inattendu (quoique). Ca s’est passé lors de la manifestation annuelle contre le Centre fermé de Vottem à Liège. Cette année un groupe antifa (l’antifascisme est un mouvement visant à s’opposer au fascisme et, par extension, aux idéologies et pratiques issues des régimes mussolinien et hitlérien. Ce mouvement est né en Italie. C’est un mouvement pacifique.) avait décidé de se joindre à la manifestation de manière tout-à-fait pacifique. Le cortège des manifestants avançait paisiblement au son des slogans dans une ambiance sympathique et bon enfant quoique émouvante. La situation de certains “détenus innocents” est dramatique et ces centres fermés sont une honte, que ça soit bien clair entre nous. C’est alors qu’au coin d’une rue, une escouade de policiers armés jusqu’aux dents a littéralement fondu sur le groupe antifa pour l’extraire du cortège. Cette irruption soudaine de la violence a surpris tout le monde, à commencer par les nombreux enfants présents. Je n’ai plus du tout pensé à photographier les événements. Par manque d’expérience de ce genre de situation certainement. Lorsque j’ai retrouvé mes esprits, les mains tremblantes de rage j’arrivais à peine à faire la mise au point. Cette fois-là je me suis dit: j’ai besoin d’un autofocus !

 

Alors que faire ?

J’ai envisagé sérieusement de faire l’acquisition d’un numérique. Pas question pour moi de prendre un réflex numérique bas de gamme au look insignifiant. Le style, la forme, la prise en main du boîtier ont pour moi autant d’importance si pas plus que ses éventuelles qualités et performances techniques. C’est une affaire de feeling, si on n’a pas l’outil qui convient à ses mains on ne fait pas du bon travail. Mais une peur sourde se faisait alors jour: et si après avoir goûté au numérique je n’avais plus envie de revenir à l’argentique ?…

Fujifilm X-Pro1 monté avec un 35mm
Fujifilm X-Pro1 monté avec un 35mm
Quel appareil choisir ?

Un ami m’a un jour montré son nouveau Fujifilm X100F c’est donc naturellement vers cette marque que mon regard s’est tourné. Sur les conseils d’une amie je me suis intéressé au Fujifilm XT-1. Mais à 5-600 euros d’occasion sans optique ça n’est pas vraiment dans mon budget. J’ai à nouveau sollicité mon ami et il m’a prêté son Fujifilm X-Pro1, je m’en suis donc allé couvrir le défilé du 1er Mai non sans emporter mon fidèle T90 chargé d’un (oui un seul) rouleau de Rollei Retro 400, je vous parlerai prochainement de cette pellicule.

Et alors ? Et alors ?…

Et Alors ? Rien ! Bof ! Je ne suis pas convaincu. Je suis rassuré par contre, je ne vais pas abandonner l’argentique de sitôt ! Ne me faites pas dire ce que je ne veux pas dire. Le X-Pro1 est super. Il est beau, on l’a bien en main, ses proportions sont parfaites. C’est un vrai télémétrique, le viseur est clair, l’optique (dans mon cas un 35mm Fujinon qui ouvre à 1.4) est fidèle à la réputation du fabricant. Et il est doté de tous les raffinements qu’on est en droit d’attendre d’un numérique moderne. Le problème est l’écran arrière. On a beau s’interdire de l’utiliser, on finit par succomber et regarder la photo qu’on vient de prendre et ça donne une fausse idée alors on recommence, encore et encore et au final on ne fait rien de bon. C’est mon expérience. Et je ne parle même pas du prix: 600 euros pour un boîtier seul quand le nouveau X-Pro2 est à 1700 euros boîtier nu… Mazette ! Avec une telle somme je pourrais m’en acheter de la péloche… En parlant de péloche je trouve le marketing de Fuji un peu sale: d’un côté ils augmentent le tarif de leurs pellicules les plus populaires (Provia, Velvia, Superia, Acros,…) et de l’autre il vantent la capacité de leur derniers appareils à “simuler” le rendu desdits films. La simulation c’est pas bien. Je n’achèterai donc pas de Fujifilm.

 

1er Mai à Liège au Fujifilm X-Pro1
1er Mai à Liège

 

Canon EOS 3 monté avec son EF 28-105mm
Canon EOS 3 monté avec son EF 28-105mm
La solution finale !

Pas convaincu par le numérique, pas prêt à investir plus de 1000 euros dans un boîtier secondaire, il me restait le problème de l’autofocus (vous vous souvenez, en cas d’attaque de la police). Mon boîtier le plus ancien est un Canon P du début des années 60, un télémétrique super sexy qui prend des optiques manuelles en monture M39. Le plus récent est un Canon T90 de 1988 qui prend toutes les optiques Canon de la gamme FD, mise au point manuelle donc. Dans le années 90 le dernier appareil argentique que j’ai acheté était le Canon Eos 50e à mise au point pilotée par l’oeil. Une technologie qui m’avait épaté à l’époque. C’est donc en pensant à lui que je me suis décidé pour un EOS 3, le dernier chez Canon à utiliser ce système de pilotage par l’oeil. Couplé à un  EF 28-105 f/3.5-4.5 USM (celui avec un diaphragme à 7 lamelles) il fait tout simplement merveille.
Aux côtés de ses grands frères A1 et T90, gageons qu’il deviendra lui aussi un fidèle compagnon !

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